Développement durable


Un enjeu commun

« Le développement « durable » (soutenable) s’est formalisé en 1980, mais soulève des questions atemporelles (nos besoins, nos limites, nos relations, nos aspirations) et quotidiennement justifiées. Cet enjeu majeur concerne toutes les entreprises, tous les organismes associatifs ou publics, tous les territoires. Il interroge nos choix, nos pratiques, nos stratégies de développement, nos modes de vies, nos besoins en ressources naturelles, nos liens avec les autres et avec l’environnement.
Pour des raisons pratiques, on présente souvent les thèmes du développement durable, comme un train de vagues, les uns après les autres, sans nécessairement faire état de l’essentiel : tous ces sujets sont liés intimement.

Une démarche de développement durable se caractérise par 5 éléments de méthode.

  • une participation de toutes les parties prenantes (information, consultation, concertation, coproduction) ;
  • une organisation du pilotage claire et permettant une traçabilité des décisions ;
  • une évaluation et un suivi rigoureux enrichissant les éléments d’aide à la décision ;
  • une amélioration continue démontrant une efficacité et une efficience face aux objectifs à atteindre ;
  • une transversalité réelle considérant simultanément les 5 finalités illustrées ci-après ;

La lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère

En quelques mots

Cette finalité vise à la fois l’atténuation et l’adaptation : Atténuer les impacts négatifs des activités humaines, en émettant moins d’émissions de Gaz à Effets de Serre et moins de polluants atmosphériques ; Adapter les modes de production et de consommation, les constructions et l’aménagement du territoire aux évolutions climatiques.

5 idées pour l’entreprise

  • Privilégier les matériaux/procédés/technologies/transports les moins émetteurs de Gaz à Effets de Serre et les moins émetteurs de polluants atmosphériques ;
  • Diminuer les consommations d’énergie et de matières premières ;
  • Réaliser un bilan carbone de ses activités pour guider son action ;
  • Créer un Plan de Déplacement Entreprise, favoriser le covoiturage ;
  • Investir dans les énergies renouvelables, acheter de l’énergie "verte" ou compenser carbone.

La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources

En quelques mots

Cette finalité vise à la fois la préservation de la Nature [tous les écosystèmes, toutes les espèces, sans distinction] et la préservation des ressources utilisées par l’espèce humaine, dont l’eau. La diversité est ici un enjeu primordial, pour des raisons patrimoniales, des raisons pratiques d’adaptation aux changements et pour des raisons éthiques.

5 idées pour l’entreprise

  • Privilégier les matériaux/procédés/technologies/transports les moins destructeurs d’écosystèmes ou de ressources naturelles ;
  • Diminuer la consommation de matières issues d’écosystèmes fragiles ;
  • Réaliser une étude d’impact de ses activités et évaluer son empreinte écologique pour guider son action ;
  • Créer un produit ou un service en collaboration avec une association de préservation de l’environnement ;
  • Investir dans des programmes de préservation de l’environnement.

La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et entre les générations

En quelques mots

Cette finalité vise à la fois à renforcer les solidarités et à travailler pour que le partage des richesses ne se fasse pas au détriment des plus démunis, ni des générations futures, ni enfin des territoires voisins ou lointains. Ceci met en balance des enjeux à pondérer, des choix à opérer : intérêts individuel / collectifs, immédiats / sur le long terme.

5 idées pour l’entreprise

  • Privilégier la transparence sur les conditions sociales de fabrication d’un produit ;
  • Diminuer les externalités négatives, dont les précarisations déléguées, et se réapproprier sa responsabilité sur toute la chaîne de ses activités ;
  • Réaliser une étude sur la Responsabilité Sociétale de son Entreprise (RSE) pour guider son action ;
  • Créer des postes d’insertion, intégrer du personnel en situation de handicap ou en difficulté ;
  • Investir dans l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), développer des partenariats avec le monde associatif.

Dynamiques de développement suivant des modes de production et de consommation responsables

En quelques mots

Cette finalité vise à la fois l’amélioration des modes de production et de consommation. Il ne s’agit pas d’opposer les uns et les autres, mais plutôt de construire une relation de confiance basée sur l’accès à une information précise et traçable, permettant de crédibiliser le producteur et de responsabiliser le consommateur face à ses choix.

5 idées pour l’entreprise

  • Privilégier les produits écolabellisés, les produits de saison, les circuits courts ;
  • Diminuer l’impact des produits sur la santé et l’environnement, rechercher continuellement des alternatives ;
  • Réaliser des Analyses de Cycle de Vie (ACV) de chaque produit et service pour guider son action ;
  • Créer des étiquettes précises pour apporter toute l’information nécessaire au consommateur ;
  • Investir dans l’économie circulaire, l’écoconception, et plus largement la recherche et la formation.

Épanouissement de tous les êtres humains

En quelques mots

Cette finalité vise à la fois l’accès aux conditions permettant à tous de vivre dignement [telles que l’accès à la santé, au logement décent, à une alimentation de qualité, à l’éducation], et la possibilité pour chacun de s’épanouir selon ses propres choix, ce qui passe là-encore par la préservation d’une réelle diversité [cultures, religions, loisirs, …].

5 idées pour l’entreprise

  • Privilégier un mode de gouvernance participatif valorisant humainement l’ensemble du personnel ;
  • Diminuer l’écart entre le plus bas et le plus haut revenu d’une même entreprise ;
  • Réaliser une enquête de satisfaction auprès de ses équipes et s’en inspirer pour guider son action ;
  • Créer du lien et de la cohésion au sein de l’entreprise ;
  • Investir pour améliorer les conditions de travail, l’accès à la formation, et l’accessibilité à tous les publics.

Celles et ceux qui s’y intéressent vraiment connaissent les enseignements de Pierre Rabhi, Jean-Marie Pelt, Jean-Pierre Raffin, Serge Latouche, Albert Jaquard, Jacques Ellul, Théodore Monod, entre autres. Mais après les revendications des années soixante et soixante-dix, après la formalisation d’un concept de réconciliation [le « développement durable » étant en premier lieu un oxymore], il est frappant de constater que l’expression a été absorbée par une société qui l’érige en passage obligé.

« Le développement durable n’est ni une utopie ni même une contestation mais la condition de survie de l’économie de marché. » Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, Les Echos, déc. 2004.

Aujourd’hui, si ce passage est un peu éclairé, il appartient à chacun d’approfondir le sujet et d’agir concrètement.